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Avant de voter des travaux, une copropriété a besoin d'un état des lieux fiable : c'est le rôle du diagnostic technique global (DTG), qui examine le bâti, sa gestion et sa performance énergétique, puis chiffre les travaux à prévoir.
Issu de la loi ALUR de 2014, le dispositif repose sur l'article L. 731-1 du Code de la construction et de l'habitation (CCH), dont le texte applicable en 2026 a été réécrit au printemps 2024. Ce texte dit ce que le rapport doit contenir ; il ne dit rien de la manière de le commander, de le lire ou de le comparer, et c'est là que se jouent la plupart des difficultés.
Cette page s'intéresse au diagnostic DTG lui-même, c'est-à-dire au diagnostic technique global de la copropriété vu comme une mission et comme un document : ce que contient le rapport, comment se déroule la mission, comment lire les préconisations, qui peut le réaliser et comment comparer les devis. diagnostic-dtg.fr est un site d'information indépendant : aucun cabinet n'est derrière, et le formulaire de demande de devis achemine votre demande vers des diagnostiqueurs ou des bureaux d'études partenaires.
Que contient le rapport d'un diagnostic technique global ?
Le rapport de DTG comporte quatre analyses fixées par l'article L. 731-1 du CCH et une liste des travaux nécessaires assortie d'une évaluation sommaire de leur coût.
Le texte a été retouché par la loi sur la rénovation de l'habitat dégradé d'avril 2024 : c'est cette rédaction qui fixe ce que le professionnel doit livrer à la copropriété.
L'état apparent et l'état technique des parties et équipements communs
Le premier volet porte sur ce que l'on voit des parties et équipements communs : structure, façades, toiture, menuiseries communes, réseaux, ascenseur, chaufferie, ventilation. Le second confronte l'immeuble et ses équipements collectifs aux règles de construction qui s'imposent à lui, par exemple en sécurité ou en accessibilité. L'examen reste visuel et documentaire : un sondage destructif relève d'une mission complémentaire.
Les pistes pour mieux gérer le patrimoine commun
Le troisième volet analyse la façon dont l'immeuble est géré : contrats d'entretien et de maintenance, tenue du carnet d'entretien, suivi des équipements, organisation des interventions. Un contrat mal dimensionné ou un équipement sans suivi y est signalé.
Le volet énergétique
Le quatrième volet est le DPE de l'immeuble, établi selon les articles L. 126-28 ou L. 126-31 du CCH. Lorsqu'un DPE collectif récent existe, il alimente ce volet.
La liste des travaux et leur évaluation sommaire
Le rapport fait apparaître une liste des travaux nécessaires et une évaluation sommaire de leur coût. La loi assigne trois finalités à ces travaux :
- la conservation de l'immeuble ;
- la protection de la santé et de la sécurité des habitants ;
- la réalisation d'économies d'énergie.
Il précise notamment ceux à engager dans les dix prochaines années. Cette estimation sert à planifier, elle ne remplace pas les devis d'entreprises.
Comment se déroule une mission de diagnostic DTG ?
Une mission de DTG suit cinq temps : le cahier des charges, la collecte des documents, la visite de l'immeuble, l'analyse avec la rédaction du rapport, puis la présentation en assemblée générale. Ce contenu légal se construit au fil d'une mission dont chaque étape engage aussi la copropriété.
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Conseil syndical et syndic
Le cahier des charges
Rédigé avant toute consultation, il précise le périmètre (bâtiments, équipements), le contenu attendu du rapport, le format de restitution, les prestations complémentaires éventuelles et la présence du professionnel en assemblée générale.
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Syndic
La transmission des documents
La qualité du rapport dépend beaucoup des pièces transmises au professionnel : la liste des priorités figure juste après ces étapes.
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Professionnel
La visite de l'immeuble
Parties communes, locaux techniques, toiture et sous-sols, parfois quelques logements.
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Professionnel et conseil syndical
L'analyse et la remise du rapport
Un projet de rapport précède la version définitive.
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Assemblée générale
La présentation aux copropriétaires
Les copropriétaires découvrent le rapport lors de l'assemblée générale qui suit immédiatement sa remise ou sa mise à jour (art. L. 731-2 du CCH). Si le professionnel vient l'exposer, les priorités sont mieux comprises avant les votes de travaux.
Les documents à fournir
Voici les documents à fournir en priorité :
- le règlement de copropriété, avec son état descriptif de division ;
- le carnet d'entretien de l'immeuble ;
- les contrats d'entretien et de maintenance en cours ;
- les procès-verbaux des dernières assemblées générales ;
- les diagnostics existants (DPE, audit énergétique, repérage amiante des parties communes) ;
- les plans et les factures des travaux passés.
La visite de l'immeuble
Sur place, le professionnel parcourt les parties communes, les locaux techniques, la toiture et les sous-sols : c'est la visite. Le professionnel y relève ce qui se voit : traces d'humidité, fissures, état des évacuations, fonctionnement des équipements collectifs.
Quelques logements peuvent être visités pour affiner le volet énergétique : il faut alors prévenir les occupants et organiser les accès.
L'analyse et la remise du rapport
Le professionnel croise ses observations avec les documents, puis rédige un projet de rapport. Un échange avec le conseil syndical avant la version définitive permet de corriger une erreur factuelle : une date de travaux, un contrat résilié, un équipement remplacé depuis.
Quelques lignes sur l'immeuble suffisent pour qu'un professionnel partenaire chiffre la mission à partir de ce cadrage.
Lire le rapport et hiérarchiser les travaux
Un rapport de DTG se lit d'abord par niveau d'urgence : sécurité des personnes, puis conservation du bâti, puis économies d'énergie et confort. Une fois le rapport remis, tout l'enjeu est d'en tirer un ordre de priorité défendable en assemblée générale.
Classer chaque préconisation par niveau d'urgence
Le conseil syndical peut reprendre la liste des travaux et affecter chaque ligne à l'un de ces trois niveaux :
- immédiat : risque pour la sécurité des personnes, mise en conformité réglementaire ;
- court terme : dégradation du bâti qui s'aggravera et coûtera plus cher si elle attend ;
- moyen terme : amélioration énergétique, confort, valorisation du patrimoine.
Les questions à poser au professionnel
Avant l'assemblée générale, quelques questions clarifient le rapport :
- sur quelles observations repose chaque constat ?
- quelles préconisations demandent une investigation complémentaire ?
- quelles sont les conséquences d'un report de deux ou trois ans ?
- sur quelles hypothèses repose l'évaluation sommaire des coûts ?
Regrouper les travaux pour limiter les coûts
Certains travaux ont intérêt à être menés ensemble. Un ravalement est l'occasion d'isoler les façades avec le même échafaudage, et le remplacement d'une chaudière collective se dimensionne mieux après l'isolation.
Qui peut réaliser un DTG ? Compétences, impartialité, assurance
Les compétences attendues du professionnel viennent d'un décret de fin 2016 (n° 2016-1965), aujourd'hui codifié aux articles D. 731-1 à D. 731-3 du CCH et en vigueur depuis le 1er janvier 2017. La qualité de la lecture du rapport dépend directement de la personne qui a conduit la mission.
Les compétences exigées par le décret
Le tiers peut être une personne physique, une personne morale ou un groupement. Il doit justifier, pour lui-même ou ses employés, de compétences portant notamment sur :
- les modes constructifs, les matériaux et les équipements techniques ;
- les pathologies du bâtiment ;
- la thermique des bâtiments et la réhabilitation thermique ;
- les textes relatifs à l'habitat et à la construction, dont le droit de la copropriété ;
- la gestion financière des copropriétés.
Cette pluridisciplinarité explique que des bureaux d'études, des architectes ou des diagnostiqueurs travaillant en équipe interviennent.
Impartialité, indépendance et absence d'avantages
Une attestation sur l'honneur engage le professionnel : il se déclare impartial et indépendant vis-à-vis du syndic, des fournisseurs d'énergie comme des entreprises qui travaillent dans l'immeuble (art. D. 731-2). Il ne peut ni accorder un avantage à la copropriété ou à ses représentants, ni en recevoir d'une entreprise susceptible de réaliser les travaux. L'enjeu est simple : un rapport qui ne cherche pas à vendre des travaux.
Les justificatifs à demander avant de signer
L'article D. 731-2 prévoit la remise d'un diplôme sanctionnant au moins trois années d'études postsecondaires dans les techniques du bâtiment, ou d'un titre professionnel, d'une inscription à un ordre reconnu dans l'immobilier ou d'une certification de niveau équivalent, ainsi que des références s'il en dispose.
Ce que le DTG n'est pas : PPPT, audit énergétique, DPE collectif
Le DTG est le seul de ces documents à couvrir à la fois l'état du bâti, la situation réglementaire, la gestion technique et la performance énergétique de l'immeuble. Parce qu'il est pluridisciplinaire, il est souvent confondu avec d'autres documents de la copropriété.
| Critère | Diagnostic technique global | PPPT (projet de plan pluriannuel) | DPE collectif | Audit énergétique |
|---|---|---|---|---|
| Base légale | CCH, art. L. 731-1 à L. 731-5 | Loi n° 65-557, art. 14-2 | Art. L. 126-31 du CCH | Code de la construction et de l'habitation |
| Objet principal | État général, situation réglementaire, gestion, énergie, travaux sur 10 ans | Liste des travaux, estimation et échéancier sur 10 ans | Performance énergétique du bâtiment | Analyse énergétique approfondie et scénarios de travaux |
| Caractère obligatoire | Immeuble de plus de 10 ans mis en copropriété, ou demande de l'administration ; ailleurs, choix de l'AG | Immeubles d'habitation de plus de 15 ans, actualisé tous les 10 ans | Échelonné au 1er janvier : 2024 au-delà de 200 lots, 2025 entre 50 et 200 lots, 2026 jusqu'à 50 lots | Selon les cas prévus par les textes |
Pour bâtir le PPPT, l'article 14-2 de la loi de 1965 renvoie à une analyse du bâti et des équipements, au DPE collectif et, s'il existe, au DTG : ce dernier en est souvent la source la plus complète.
Quand le DTG est-il obligatoire et comment se vote-t-il ?
Deux cas seulement rendent le DTG obligatoire. Le premier : un immeuble de plus de dix ans que l'on divise en lots doit en disposer avant sa mise en copropriété (art. L. 731-4 du CCH). Le second : face à des désordres possibles dans un immeuble collectif d'habitation, l'autorité administrative peut le réclamer au syndic ; sans réponse un mois après la notification, elle le commande elle-même, aux frais du syndicat (art. L. 731-5).
Pour une copropriété déjà constituée, rien de nouveau en 2026 : le DTG en copropriété reste un choix collectif. La question figure à l'ordre du jour et l'assemblée générale tranche, sur le principe comme sur les modalités de la mission, à la majorité simple de l'article 24 de la loi n° 65-557 (art. L. 731-1 du CCH).
Qui paie le DTG et comment comparer les devis ?
Dans une copropriété existante, le DTG est payé par le syndicat des copropriétaires, donc réparti entre les copropriétaires comme une dépense commune. Une fois la décision de principe prise, le choix se joue sur le devis DTG retenu.
Qui finance selon la situation
En cas de mise en copropriété, c'est le propriétaire de l'immeuble qui choisit le professionnel (art. D. 731-3) : le syndicat n'existant pas encore, c'est lui qui passe commande. Lorsque l'administration fait réaliser le diagnostic d'office, la dépense reste à la charge du syndicat.
Ce qui fait varier le prix
Aucun barème officiel n'existe : chaque devis dépend de l'immeuble. Les principaux facteurs de prix sont :
- le nombre de lots et de bâtiments, la surface ;
- la complexité des équipements communs (chauffage collectif, ascenseurs, parkings) ;
- l'existence d'un DPE collectif réutilisable ;
- l'état de la documentation fournie ;
- les prestations ajoutées, comme le projet de PPPT ou la présentation en AG.
Comparer les devis ligne par ligne
Pour comparer des offres, il faut d'abord les demander sur la base du même cahier des charges. Ensuite, vérifiez :
- le périmètre exact et l'inclusion du volet énergétique ;
- le nombre de visites et de logements visités ;
- le délai de remise du rapport ;
- la présence en assemblée générale ;
- les justificatifs de l'article D. 731-2 et les références.
Le formulaire de diagnostic-dtg.fr permet de recevoir des devis de professionnels partenaires et de les comparer sur ces critères.
Durée de validité : le DTG n'expire pas au bout de dix ans
La loi n'assigne au DTG aucune date de péremption : les dix ans dont parle l'article L. 731-1 portent sur la liste des travaux, non sur le document. Une dernière idée reçue mérite d'être corrigée avant de passer commande.
Le rapport vieillit pourtant avec l'immeuble et la réglementation. L'article L. 731-2 évoque d'ailleurs la révision du DTG, présentée elle aussi en assemblée générale. Le seul effet attaché à l'horizon décennal concerne le PPPT : lorsqu'un DTG conclut à l'absence de travaux nécessaires sur les dix ans suivant sa réalisation, la copropriété n'a pas à établir de plan pluriannuel (art. 14-2 de la loi de 1965).
Textes vérifiés en octobre 2026 : CCH et loi de 1965 dans leur version publiée sur Légifrance, publications de l'ANIL. Information générale qui ne remplace pas l'avis d'un professionnel sur un immeuble donné.
Précisez les lots, les bâtiments et ce qui a déjà été diagnostiqué : la proposition qu'un professionnel partenaire vous adressera partira de là.